Je suis photographe queer.
Pas “allié·e”, pas “sensibilisé·e”, pas “bienveillant·e par principe”.
Queer.
Mon travail naît de cette position-là : celle d’exister dans un monde qui préfère souvent que nous restions discrets, assimilables, rassurants.
La photographie n’est pas neutre.
Choisir qui l’on montre, comment, et dans quel contexte est déjà un acte politique.
Je photographie pour rendre visibles des existences qu’on tolère à condition qu’elles ne dérangent pas.
Je photographie pour documenter, pour transmettre, pour laisser des traces.
Je photographie pour dire que nos corps, nos liens, nos parentalités, nos identités ne sont ni des tendances, ni des débats.
Ils sont des réalités.
La visibilité queer n’est pas une mode. C’est une nécessité. Parce que se voir, c’est survivre. Parce que se reconnaître, c’est se construire. Parce que chaque image juste est une réponse à l’effacement.
Mon travail s’inscrit dans cette histoire collective : celle des luttes, des joies, des résistances, des transmissions.
Je refuse les représentations édulcorées, normatives, ou fétichisées. Je cherche l’authenticité, la complexité, les zones de fragilité autant que de puissance.
Photographier la communauté queer, ce n’est pas “donner la parole”.
La parole existe déjà.
C’est écouter, regarder, et choisir de montrer avec soin.
Si mon travail résonne avec toi, c’est sans doute parce que nous partageons cette évidence : Nos existences méritent d’être racontées sans justification.